[Cinéma] Joker

Coucou!

J’espère que vous allez tous bien! Aujourd’hui, je vous retrouve pour vous parler du dernier film de Todd Philipps : Joker!
Il est le réalisateur de la série Very Bad Trip, Date Limite ou encore Starsky et Hutch. Pour ce nouveau film, il s’est entouré de Joaquin Phoenix dans le rôle titre, de Robert de Niro qu’on ne présente plus ou encore Frances Conroy (American Horror Story) et Zazie Beetz (Domino dans Deadpool). Bref, un super bon casting. Et niveau histoire ça donne quoi? « Dans les années 1980, à Gotham City, Arthur Fleck, un comédien de stand-up raté est agressé alors qu’il ère dans les rues de la ville déguisé en clown. Méprisé de tous et bafoué, il bascule peu à peu dans la folie pour devenir le Joker, un dangereux tueur psychotique. » (Allociné). On a entendu beaucoup parler de ce film, car il a été présenté (que dis-je, encensé) dans plusieurs festivals (Mostra de Venise, Festival de Toronto, Festival de Zurich) et à déjà rafflé un Lion d’or à la Mostra. On a entendu énormément de critiques sur ce film, bien souvent hyper positives, et du coup, j’avoue j’en attendais énormément! Du fait, j’avoue que j’ai été un peu déçue. Tout n’est pas à jeter, loin de là, mais il y a du bon, du très bon et du moins bon! Alors allons-y pour les explications.

Avant ce film, j’avais en tête l’interprétation de Heath Ledger en Joker mais j’ai adoré celle de Joaquin Phoenix, même si clairement, elles sont incomparables. Je suis une grande fan de cet acteur, j’admire beaucoup son travail! En tant qu’humain je le trouve très « torturé », un peu sombre et ça se reflète dans beaucoup de ses interprétations et ses choix de rôles je trouve! Pour la petite histoire, il avait un grand frère, River, également acteur, qui est décédé d’une overdose dans ses bras, alors que Joaquin n’avait que 20 ans. Ce qui peut expliquer qu’il se tourne souvent dans des personnages tristes, torturés, qui ont eu des vies pas simples etc. J’ai vu énormément de ses films (Her, La nuit nous appartient, Walk the line, Two lovers pour ne citer qu’eux) et il est bien souvent exceptionnel! Pour le Joker, cela ne déroge pas à la règle, il est fantastique! C’est lui qui clairement porte le film. On apprend d’ailleurs que pour ce film, il a perdu 25 kilos, il dit lui-même que quand on perd autant de poids en si peu de temps, ça affecte ta psychologie! Mais ce n’est pas tout, pour ce film, on apprend qu’il a improvisé beaucoup de scènes sur le tournage, qui ont été gardé au montage. L’acteur dit lui-même que pour ce film, il ne pouvait pas tricher sur ce que ressent et subit Arthur. Ce qui donne clairement une force à son personnage.


On le voit peu à peu sombrer dans la folie, une lente montée en puissance vers celle-ci et c’est en ça que le film est porté par son acteur! Chaque étape est décrite avec soin, de l’élément déclencheur à l’acte irrémédiable que l’on voit arriver avec toute la mise en place, toute la réflexion sous-jacente qui bouillonne dans sa tête ! C’est bien toute la vie d’Arthur Fleck, qui défile au son d’un rire vertigineux, indescriptible, saccadé… et sans fin (la scène du métro est d’ailleurs hyper impressionnante là dessus)! Plusieurs scènes du film sont d’ailleurs très marquantes, mais les scènes où il danse (improvisées par Joaquin) sont très impressionnantes, comme si il libère enfin son esprit de son corps, il semble enfin lui-même : aussi léger qu’une plume, il virevolte et paraît enfin bien dans sa peau. Après avoir passé toute sa vie courbé, à tenter d’éviter les coups, le voilà sûr de lui et confiant.
La progression narrative y va crescendo, on y apprend la maladie mentale dont il souffre (très bien amenée au passage), sa vie, son travail de clown et son projet de devenir humoriste, le lien affectif avec sa mère, le lourd secret de celle-ci, en somme, comment il devient le Joker. Au niveau de l’esthétique, la photographie et l’image, absolument rien n’est à jeter, on est sur un très beau film esthétiquement parlant.
Au final, ce film, c’est un peu le reflet de notre société avec toute la noirceur qu’elle contient : un être fragile psychologiquement, victime d’une société capitaliste et laissé pour compte, dont les garde-fous vont sauter un par un jusqu’à commettre l’irréparable. Pour se venger de ceux qui l’humilient au quotidien, son personnage se montre de plus en plus ingérable, jusqu’à se faire le porte-parole, terrifiant mais quand même attachant, des laissés pour compte de l’Amérique (un petit côté gilets jaunes diront certains).
La bande son est dingue! Elle a été composée par la violoniste islandaise Hildur Guðnadóttir. Et elle suit complètement le cheminement du héros, elle monte crescendo avec ce qu’il se passe à l’écran, c’est presque un personnage à part entière! Elle m’a foutu les poils plus d’une fois pendant le film!

Alors au final, qu’est-ce qui pèche? Eh bien pour moi c’est l’histoire. Il a de très bon passages, mais pour accentuer l’effet de la noirceur de Gotham sur le Joker, il y a des passages extrêmement lents et c’est un peu déroutant ce changement de rythme. Il y a de très très bons passages, la dernière partie du film nous tient en haleine, mais je trouve que le scénario reste assez « basique », certains points sont clairement attendus. Certaines scènes m’ont fait très mal au coeur, mais on me dit que je suis trop sensible 😉 . Au final l’histoire est le seul point qui m’a déçue, l’interprétation étant clairement tellement impressionnante qu’elle nous fait oublier le reste (mais du fait, la question se pose : si c’était un autre acteur que Phoenix qui avait joué le rôle, à quoi le film tiendrait-il ?)

Verdict ? Je vous le conseille, rien que pour le jeu de Joaquin Phoenix, cette longue ascension vers la folie. On ressort du film décontenancé et sous le choc, d’avoir vu son corps se déployer petit à petit, de l’être voûté et miséreux du début, à ce Joker dansant et virevoltant, rayonnant et parfaitement diabolique !

Vous l’avez vu? Qu’en avez-vous pensé? 

Adeline

[Cinéma] Once Upon A Time… in Hollywood

Coucou!

Eh oui, je sais, ça fait un demi-siècle que je n’ai pas mis les pieds par ici… Mais je suis de retour pour j’espère, une longue durée et je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui pour vous présenter le dernier Tarantino : Once Upon A Time… in Hollywood. Il est l’un de mes réalisateurs préférés, je n’allais sûrement pas louper son dernier film au cinéma 😉
Avant de commencer, je vais vous faire un petit résumé de l’histoire derrière ce film, car oui, c’est un peu compliqué! On ne va pas se mentir, Tarantino fait des films d’auteur pour une « élite », et si on a pas toutes les billes pour comprendre son film ben clairement, on y comprend pas grand chose. On va donc commencer par le commencement ;).
Si vous ne savez pas ce qui s’est passé le 9 août 1969 à Hollywood, vous ne comprendrez pas pourquoi Tarantino décortique cette journée presque heure par heure, minute par minute et pourquoi il a choisi d’inventer cette paire de personnages fictifs qui viennent s’insérer dans la réalité historique pour la changer. Dans les années 60, Sharon Tate est une jeune actrice prometteuse d’une vingtaine d’années qui joue dans des sitcoms et dans quelques films, dont un, La Vallée des poupées qui lui apporte vraiment une notoriété et une nomination pour les Golden Globes. Nous sommes en 1967. Une année plus tard, Sharon épouse Roman Polanski (oui, oui) et tombe enceinte. Sauf que, le 9 août 1969, elle est sauvagement assassinée, enceinte de 8 mois, avec ses amis Steven Parent (un ami du gardien de l’immeuble de Sharon), Jay Sebring (ancien petit ami de Sharon), le scénariste Wojciech Frykowski et sa compagne Abigail Folger. Sharon avait 26 ans. Son sang a été utilisé pour écrire le mot « cochon » sur la porte d’entrée et son meurtre a été perpétré par la Manson Family, la secte du tueur en série Charles Manson, pour venger leur gourou.
Revenons à nos moutons donc, Once upon a time… in Hollywood de notre cher ami Tarantino.  Cinquante ans plus tard (il avait 6 ans lors du meurtre de Sharon), il nous livre sa version, où la star de télévision Rick Dalton (Léonardo DiCaprio) et le cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt), sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. A son casting 5 étoiles, il a ajouté Margot Robbie qui joue Sharon Tate, Emile Hirsh (Harvey Milk, Into the wild…) qui interprète Jay Sebring, Austin Butler, Margaret Qualley, Dakota Fanning et feu Luke Perry ❤ .

Ce film, c’est comment prendre un fait divers et le retourner à la sauce Tarantino! Il est clairement son film le plus personnel et surtout un hommage, une lettre d’amour au Hollywood des années 60/70. C’est également un regard porté sur l’industrie du cinéma et du divertissement associé à une histoire à la fois touchante et cynique avec en ligne de fond, l’horreur commise par la secte de Charles Manson. Il est très différent des autres films de Tarantino, ici, pas de sang qui gicle, pas de cascades, d’explosion, de courses poursuites… Tarantino a voulu se faire plaisir (comme souvent avec ses films), mais d’une manière totalement différente de ses précédentes productions.
Le film peut avoir quelques lenteurs (il dure quand même 2h45) mais dans l’ensemble j’ai adoré! La mise en scène, le jeu des acteurs (tous excellents), la qualité des dialogues, des costumes, des décors… tout est vraiment léché, millimétré, comme d’habitude avec Tarantino! Autre chose que l’on voit souvent dans le film, la manière dont il filme les femmes, comme si il les déshabillait du regard ou leur porte un oeil admiratif (attention, on est pas du tout dans un oeil pervers ou lubrique, on sent vraiment qu’il aime les femmes). Hitchcock avait d’ailleurs un peu la même manière de filmer les femmes dans plusieurs de ses films.

Le duo Pitt/DiCaprio fonctionne à la perfection, ils se complètent parfaitement dans ces 2 rôles, Di Caprio est excellent et Pitt le lui rend bien. Même si ce sont des rôles de composition, au fond, à travers cette histoire, on voit que la vie d’acteur n’est pas si simple quand le vent et/ou la roue tournent. Tout cela relève d’un nombrilisme exacerbé, absolument pas dissimulé (on le voit notamment dans la scène où Margot Robbie va au cinéma pour voir son propre film et se regarde presque avec admiration), qui vire rapidement au pathétique. On le réalise encore bien plus quand on voit que dans ce duo, l’un exploite l’autre, et que l’autre tend toujours la joue quoiqu’il arrive…

Bref, c’est un très bon film, j’ai vraiment aimé. Quelques longueurs. Et réservé à un public éclairé, voire cultivé sur les années 60 et 70 !

Vous l’avez vu? Qu’en avez-vous pensé?

Des bisous!

Adeline

[Cinéma] Dragons 3 : Le Monde Caché

Coucou par ici!

Super contente de vous retrouver aujourd’hui pour vous parler de Dragons 3 Le Monde Caché ❤ !
Quatre ans et demi après le deuxième volet, Harold et Krokmou reviennent pour une toute dernière fois à l’écran! Il est sorti début février et il était très très attendu ! C’est Dean DeBlois qui signe ce dernier volet et Dragons c’est un peu « son bébé » car c’est lui qui a réalisé les 3 volets. La trilogie a pris son temps pour bien se faire, s’entourant des personnes les plus qualifiées pour ne pas décevoir les fans et récompenser leur attente ❤ . Au niveau des doublages, la VO est assurée par Jay Baruchel, America Ferrera, Cate Blanchett, Kit Harrington ou encore Jonah Hill. Bref, du beau monde! Et le pitch ça donne quoi? « Harold est maintenant le chef de Berk au côté d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village n’ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonnés l’existence. Alors que leurs véritables destins se révèlent, dragons et vikings vont se battre ensemble jusqu’au bout du monde pour protéger tout ce qu’ils chérissent. » (source Allociné)

Alors ce film j’en ai pensé quoi? Eh bien ils finissent en beauté pour cette saga! On retrouve tout ce qui fait l’essence même de la saga : l’amitié, l’amour, le dévouement, la notion de famille, l’humour… et on découvre l’évolution de la relation entre Krokmou et Harold d’une manière très intéressante! Ils grandissent tous les 2 et leurs attentes deviennent différentes. L’histoire nous entraîne dans une aventure pleine de bravoure, d’humour, de magie, de rebondissements et le scénario est toujours aussi inventif même au bout de 3 films. L’histoire poursuit son évolution et Dragons 3 marque de façon effective le passage à l’âge adulte du héros, sa responsabilisation de « chef » envers sa communauté et donc, fatalement, l’abandon de certaines choses de son enfance (vous savez toutes ces petites choses rassurantes).
4 ans et demi séparent Dragons 2 de ce nouveau volet mais dans la temporalité de la série, une année seulement s’est écoulée depuis la défaite de Drago. Ce nouveau volet nous permet de constater combien l’utopie souhaitée par Harold dans le 2ème volet va trop vite, l’île recueillant plus de créatures qu’elle ne le devrait. Notre jeune héros doit faire face à ses responsabilités de chef, il arrive à l’étape finale qui le suit depuis 9 ans : à lui et à ses amis d’être les guides et non plus les apprentis! Le futur ne repose plus que sur les épaules de Harold qui garde tous les dilemmes pour lui, aussi bien les bons que les mauvais. Il doit supporter un grand poids sur ces épaules et trouver le juste milieu entre le bien-être de son village et le sien. Astrid l’encourage, la mère d’Harold se fait discrète mais pleine de bonne volonté (sans pour autant chercher à s’incruster)… chacun souhaite l’aider dans sa quête identitaire et montre la cohésion de tout ce village.
Du côté de Krokmou, (toujours aussi mignon), il a plus d’importance dans ce volet qu’il n’en a jamais eu, le coup de foudre pour une Furie Éclair constituant un des fils rouges du long-métrage. Eh oui, notre petit dragon tombe amoureux d’une petite dragonne aux beaux yeux bleus! Tout évolue en douceur pour lui tout au long du film et s’accompagne d’une scène de séduction très amusante qui, je trouve, reflète de façon appropriée et intelligente les efforts de communication entre Harold et Krokmou dans le premier film. Les sentiments de Krokmou montrent toutes les émotions possibles d’une relation amoureuse et son évolution en tant que dragon… mais aussi beaucoup de dilemmes (pour un dragon) : rester avec son ami? vivre sa vie? retourner à l’état sauvage? Beaucoup de questions qui trouvent des réponses pendant le film et qui montrent toute l’intelligence de ce dessin animé! Que l’on soit enfant ou adulte, chacun y trouve son compte dans ce film, les quêtes sont différentes entre l’humain et l’animal, mais au final, tout les rapproche.
Dernier point, la musique est absolument géniale! Encore une fois, on tombe sous le charme des musiques de John Powell, qui a également signé celles du 1er et du 2eme volet. Et la musique de fin est signée Jónsi chanteur du groupe Sigur Ros (qui commence d’ailleurs à signer plusieurs musiques de films car il a fait l’une de s musiques de la BO d’Aquaman).

C’est avec une grande nostalgie qu’on découvre la fin d’un cycle débuté il y a neuf ans et même si des suites ne sont pas exclues (comme la série Dragons dispo sur Netflix), la boucle est bouclée et notre saga préférée est désormais terminée. La scène finale du film termine la saga d’une manière tellement belle et poétique, qui donne envie de la voir encore et encore et encore!
Verdict ? Ce dernier volet tient toutes ses promesses, garantissant un ultime voyage prenant, cohérent, graphiquement et musicalement splendide et porté par un duo inoubliable. C’est un réel plaisir de retrouver les aventures de tout ce petit monde, humains et dragons! Et il va sacrément nous manquer…

Vous l’avez-vu? Qu’en avez-vous pensé?

Des bisous

Adeline